M. Issa Hassan Adoum, Président du GGO d’Amsouyoufa, titulaire d’une licence en Aménagement hydro-agricole

« J’ai été élu président du Groupement de Gestion des Ouvrages (GGO) en février 2017. Au départ je ne voulais pas, car j’ai beaucoup d’occupations, mais comme il s’agit du développement de la localité, j’ai accepté. Je me suis dit que je suis natif de ce village et qu’il faut se sacrifier, car les seuils, on va les laisser à nos enfants.
Diriger un comité c’est très difficile, car il faut appeler les gens, les mobiliser. Notre GGO représente 15 villages environnants. 3 de ses membres sont des femmes. Je dois prendre la moto pour appeler les autres, car dans certains coins le téléphone ne marche pas. La formation continue et les visites d’échanges entre GGO sont importantes, car les membres des GGO doivent savoir mobiliser la population, expliquer l’importance des seuils. La collecte des fonds d’entretien des seuils auprès des ménages n’est pas chose aisée… Nous avons fixé la contribution à 1000 FCFA (1,50 Euro) par ménage par an, à verser vers octobre, après la récolte. A ce jour il reste beaucoup de progrès à faire dans ce domaine car le taux de recouvrement de notre GGO est de 50% seulement.
Ce qui marche bien, c’est le groupe de contrôle des seuils. Cette équipe fait un bon travail, ça m’a donné beaucoup de satisfaction ! Ils prennent les motos et ils vont faire les inspections au niveau des seuils.
Je suis attaché à ce village, j’y suis né en 1975 et j’ai grandi ici. Quand je quitte, je pense toujours à ce village…J’aimerais qu’il y ait du développement durable pour ce village. Traditionnellement, dans ces zones nous sommes des agro-pasteurs. Aujourd’hui, grâce aux seuils, nous allons investir dans l’agriculture. Nous avons l’ambition de labourer de grandes surfaces et d’avoir des grands rendements.
Mon engagement personnel est de tout le temps donner des conseils aux populations, en disant qu’à travers le labour on peut devenir quelqu’un. Les gens ne savent pas que le labour apporte de l’argent. Maintenant, après avoir intégré de nouvelles cultures comme le sésame, on s’est rendu compte qu’on peut s’enrichir en pratiquant l’agriculture. Les soudanais viennent acheter notre sésame ! »


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